PARIS ST-GERMAIN : LE MOMENT EST VENU DE CHOISIR !

La révolution du Paris St-Germain version qatarie se produisait lors de l’intersaison avec le limogeage de Laurent Blanc, mais surtout avec le départ de Zlatan Ibrahimovic.  Le projet sportif n’évoluant plus et malgré la domination nationale, l’élimination contre Manchester City, pourtant loin de son meilleur niveau, imposait un renouvellement avec l’arrivée d’Unai Emery. La plus grande problématique pour le club parisien était de redéfinir l’animation sans son ancien leader et de faire progresser l’équipe sur le plan tactique (une surpossession parfois inutile et l’absence de plan B), mental (la défaite contre Manchester City par exemple) et physique (le manque d’intensité et d’agressivité),

L’animation de Laurent Blanc était basée sur la possession du ballon avec le mouvement  des joueurs offensifs, les combinaisons autour de la surface adverse. Néanmoins, si la supériorité collective était évidente face aux clubs français, l’équipe avait des difficultés occasionnelles avec une possession assez basse symbolisée par le trio Silva, Motta et Verratti, et qui ne déstabilisait pas l’adversaire. La réponse au problème se nommait Zlatan Ibrahimovic. L’attaquant suédois, par sa puissance, son aisance technique, sa facilité pour contrôler le ballon et se retourner face au jeu, sa précision dans les passes savait faire le lien entre le milieu et l’attaque. Il pouvait accélérer le rythme de la rencontre, offrir une occasion de but, créer le décalage vers une aile pour un centre ou terminer avec ses capacités dans la finalisation de l’action. Il se muait véritablement en 3e milieu de terrain pour accompagner le duo Motta et Verratti. Thiago Silva complétait ce losange essentiel dans la construction et la conservation du ballon.

Avec Cavani, Unai Emery disposait d’un avant-centre de qualité mais évoluant dans d’autres registres. L’ancien joueur de Palerme est surtout porté vers les espaces, dans les appels en profondeur, et reste un attaquant de surface pour terminer les actions. Il fallait donc trouver un autre joueur pour générer la supériorité dans la moitié adverse, pour faire le lien entre milieu et attaque, pour représenter la création alors que Cavani s’occuperait de la finition.

Deux joueurs ont été choisis par Emery pour s’y atteler. Javier Pastore, une évidence, mais aussi Marco Verratti qui devait faire grandir son influence dans le dernier tiers et laisser les défenseurs s’occuper de la relance. Voici comment Emery comptait remplacer un attaquant extraordinaire dans plusieurs phases de jeu. Il fallait aussi mettre en place une grosse intensité et agressivité aussitôt le ballon perdu et profiter du déséquilibre chez l’adversaire dans cette phase de transition pour contre-attaquer. Avec des latéraux beaucoup plus haut pour apporter des centres vers Edison Cavani, plus mobile dans la surface de réparation qu’Ibrahimovic, Emery préférait faire jouer ses ailiers dans une position plus axiale en phase offensive. Ceci, afin d’encourager les combinaisons entre eux et le milieu et pouvoir profiter des espaces libérées par les appels de Cavani, une grande liberté donc s’offrait à eux.

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Aujourd’hui, le PSG est toujours en course pour le titre de Champion de France, a remporté la Coupe de la Ligue et le Trophée des Champions, reste en course en Coupe de France. Mais l’élimination humiliante en Ligue des Champions malgré un match aller héroïque sera forcément l’épicentre de cette saison. Sans aucun doute, des décisions seront prises au mois de Juin. Une fois de plus. Mais cette fois-ci, Paris est arrivé à un carrefour déterminant pour la suite de son aventure qatarie, entamé depuis 2011. 6 ans plus tard, Paris doit choisir quelle sera sa place dans le panorama du football européen. Il est temps de devenir plus grand.

En mathématiques, on essaye de considérer le maximum de points lorsqu’on construit une courbe. Il arrive par contre qu’un point ne partage pas les propriétés de tous les autres, qu’il soit singulier. Il présente un écart considérable avec le reste. Ce point, que l’on nomme aberrant, n’intervient généralement pas dans le tracé de la courbe. C’est le même procédé qui intervient pour prendre en considération cette défaite 6-1 au Camp Nou. Il ne convient pas de la nier, de la minimiser, mais de lui accorder l’importance nécessaire sans verser dans la démesure. Elle n’illustre pas à elle seule toute une saison de progrès, de coups durs, de réussites et de défaillances. Mais en l’analysant avec subtilité, certains éléments peuvent permettre au Paris St-Germain de mener pour une fois cette révolution, entamée depuis plusieurs mercatos mais jamais achevée.

2e de Ligue 1, Paris se retrouve à une place inhabituelle ces dernières saisons. Si le Championnat est l’objectif majeur, il faut néanmoins nuancer ce « revers », bien que la saison soit encore longue. Jamais lors de ces dernières années, le club n’a eu un concurrent aussi fort et constant. Le Marseille de Marcelo Bielsa n’a pas tenu sur la durée et le club s’est ensuite effondré jusqu’à la vente, Lyon trop inconstant dans sa progression et Monaco rectifiait sa politique et avait besoin de temps pour la mettre en place. Justement, Leonardo Jardim, fortement décrié par les médias français au début de l’aventure, a su développer le potentiel de ses joueurs : Bernardo Silva, Fabinho, Mbappé entre autres, a fait de son équipe l’une des toutes meilleures en Europe, l’une des plus attractives et reste en lice dans les 3 compétitions en ayant déjà perdu une finale.

Paris est second derrière l’une des meilleures équipes d’Europe, qualifiée en quart de finale de Champions League. Le mérite revient aux monégasques pour leur brillante saison. Malgré l’excellente saison des monégasques et celle plus mitigée du club de la capitale, l’écart entre les deux clubs n’est pas aussi grand. Au delà des 3 points qui les séparent, c’est Paris qui a montré le meilleur visage lors de leurs confrontations passées en omettant celle d’Aout qui marquait le début du cycle Emery. Lors du match nul 1-1, Paris sans Verratti a imposé son rythme au match, a su contenir l’une des meilleures attaques d’Europe et pouvait s’imposer face au leader n’eut été le relâchement dans les dernières minutes. La finale de la Coupe de la Ligue, remportée 4-1 par les parisiens, bien que tronquées par l’absence de Fabinho et le manque de profondeur du banc de Monaco (onze identique lors des grandeurs affiches), a démontré les ambitions et aspirations d’Unai Emery et la marge de progression, comme souvent lors des grosses affiches avec Paris.

La représentation du jeu prôné par l’espagnol était la victoire contre le FC Barcelone au match aller 4-0: pressing intelligent, verticalité, latéraux haut, ailiers entre les lignes adverses, défenseurs chargées de la relance au sol, vitesse dans les transmissions, et tactiquement au point dans les transitions. Ils avaient réussi une des meilleures performances de la saison tous matchs confondus en Europe avant de répéter une prestation identique contre l’Olympique de Marseille. Contre Arsenal lors des deux matchs (1-1, puis 2-2), ils ont proposé aussi de prestations abouties, et ont été supérieurs aux londoniens. Paris a uniquement été pénalisée par une mauvaise finition. En plus de deux victoires contre Lyon en championnat, (2-1). Paris a été préparé avec beaucoup de qualité lors de ses grands rendez-vous cette saison. Il en reste d’autres encore avant la fin de la saison : en Ligue 1 et Coupe de France mais les parisiens ont déjà remporté deux trophées.

Le bilan, s’il n’est pas excellent, est loin d’être désastreux. Les progrès sont avérés, la marge de progression existe et le groupe a adopté son entraineur et ses méthodes de travail. Le temps devra offrir plus de stabilité dans les performances, de constance dans l’excellence, comme c’est le cas avec Monaco et ce, pour tout projet sportif cohérent. Paris a eu aussi beaucoup de difficultés avec les blessures de Pastore et Thiago Motta. De nombreux cadres ont aussi été trop loin de leur meilleur niveau en début de saison comme Angel Di Maria ou Serge Aurier finalement remplacé par Meunier. Sans compter que c’est le début du projet.

L’équipe possède une belle marge de progression en ce qui concerne les équipes qui jouent repliée, avec un bloc bas. Ils ont eu de vrais soucis pour jouer avec un minimum d’espace; ce qui exige une qualité technique presque irréprochable, beaucoup de fluidité dans la transmission du ballon, de l’intelligence avec le ballon et dans le mouvement et des ailes productives pour desserrer l’étau axial.

Pourquoi faut-il choisir alors ? Les tourments du club surpassent une défaite quelque soit son ampleur ou une seconde place au classement.

Parce que le club manque d’une vraie structure au niveau de ses dirigeants. Le comportement de certains joueurs comme Serge Aurier, incompatible avec le milieu professionnel et le haut niveau, la vidéo d’Hatem Ben Arfa, les trop nombreuses déclarations des agents des joueurs, la proximité du président avec les joueurs qui les surprotègent, tout ceci dénote avec l’institution que Paris devait représenter. Depuis le départ de Leonardo, il n’y a pas eu de dirigeants ayant côtoyé le haut niveau  dans l’organigramme parisien en attendant que Kluivert fasse ses preuves. D’anciens joueurs emblématiques du club devaient avoir leur place parmi les dirigeants. Cela renforcerait l’idée que Paris existait avant QSI, cela exigerait de ses joueurs de respecter le maillot et en ferait une vraie forte institution comme c’est le cas dans tous les grands clubs du monde.

Paris a l’ambition de devenir une référence européenne dans le monde du football. Il faudrait donc que ceux impliqués dans le club y adhèrent et qu’il ne devienne finalement pas une vache à lait, un tremplin financier et sportif vers une meilleure carrière. Si la situation n’est pas encore aussi grave, ce mercato sera un tournant dans le projet. Sur le plan administratif, mais aussi sportif.

« C’est une situation compliquée qui va au-delà du contrat qu’il a jusqu’en 2021. Lui veut gagner (la Ligue des champions notamment), mais le PSG, tel qu’il est en ce moment, ne peut pas lui permettre de le faire, a lâché l’agent. Il est à Paris depuis cinq ans et doit maintenant avoir le raisonnement suivant : gagner beaucoup d’argent sans gagner ou gagner et devenir un champion. » (Agent de Marco Verratti) »

Pour certains joueurs comme Maxwell, la fin est évidente. Thiago Motta a lui démontré qu’il pouvait rester utile, mais lui trouver un remplaçant de haut niveau est une vraie priorité pour un rôle devenu essentiel dans le football moderne. Le renouveler une saison et partager ses minutes avec son successeur semble être la meilleure voie pour assurer une transition en douceur. Lucas Moura n’a pas démontré une évolution pour prétendre se faire une place de choix dans ce club, 4 ans plus tard. Serge Aurier ne cesse de se faire remarquer par son comportement et ses prestations sont globalement trop insuffisantes.

Kurzawa devrait rester mais mis en concurrence afin d’en tirer le meilleur et de recadrer le joueur surtout. Il est aussi temps de s’interroger sur Blaise Matuidi : Rabiot, cette saison, malgré son inconstance a démontré de très belles choses et beaucoup de versatilité. Il est logique de voir en lui dorénavant plus qu’un joueur de complément, capable de très bonnes rencontres offrant maitrise, qualité technique, créativité, activité défensive. Il est normal de voir jusqu’où le potentiel d’un jeune joueur peut le porter. Certains des joueurs évoqués ci-dessus, par leur faiblesse technique, leur déchet dans le jeu, leur manque de discernement dans les choix pénalisent Paris quand il faut faire face aux blocs bas. C’est donc pourquoi il faut choisir !

Se limiter aux bons joueurs de Ligue 1 ou viser les meilleurs joueurs au monde ? Ben Arfa, Krychowyak, et Jésé n’ont jamais pu démontré quoique ce soit avec le club. Leur avenir semble pour le moment loin de Paris. Enfin, Di Maria devrait avoir un concurrent car une titularisation systématique lui offre une trop grande liberté pour un joueur trop inconstant dans son jeu et ses performances. Un concurrent aussi pour Edinson Cavani pour tirer le meilleur de l’attaquant uruguayen ne serait pas de trop au vu des ambitions européennes et de son temps de jeu énorme. De plus l’intégration des jeunes Lo Celso et Guedes sera l’un des enjeux de la prochaine saison.

De par la ville qu’il représente, son entraineur, certains de ses joueurs, Paris a des arguments pour s’imposer comme l’un des meilleurs clubs au monde. Le recadrage est impératif à plusieurs niveaux car la « sur-stabilité » entraine inévitablement le déclin lorsque les objectifs ne sont pas atteints. Arsenal peut en témoigner.

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