« Il était une fois, Francesco Totti, … »

Depuis que j’ai découvert Totti, je n’ai cessé de l’aimer. 

Lorsqu’on est enfant, on recherche partout des modèles auxquels s’identifier, des prouesses derrière lesquelles s’émerveiller, pour découvrir le monde. Pour l’embellir aussi. Alors très souvent, c’est dans nos contes qu’on décèle la grandeur, la noblesse, l’habilité, l’honnêteté, les vertus. L’histoire de Francesco Totti est de ces récits qui pourraient commencer par : « Il était une fois… », raconter de passionnantes aventures et captiver notre âme d’enfant.

Francesco Totti était mon héros.

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Parce qu’il me surprenait toujours. Son imprévisibilité et son incroyable vision de jeu s’adjoignaient toujours pour offrir le geste juste, réalisé avec une maitrise incomparable. La délicatesse et l’aisance avec lesquelles il jouait son football rappelait combien ce sport est beau lorsqu’on a déjà compris. Il Capitano profitait de l’effet de surprise de sa première touche, si insaisissable pour l’adversaire, pour garantir temps et espace à ses coéquipiers. En somme tout ce dont ils avaient besoin. Et souvent, son inspiration me gratifiait de passes merveilleuses, toujours pour mieux servir.

Sa vitesse d’analyse et son intelligence de jeu extrêmement développées en plus d’une technique parfaite lui accordaient une emprise parfaite sur le jeu. Il possédait aussi ce flair, cette malice et cette intuition qui le rendaient imprédictible dans les petits espaces, anticipant les réactions de ses adversaires. Totti, avec cette lenteur si élégante, jouissait de liberté pour illuminer le jeu. Très souvent, il décrochait au niveau de sa ligne défensive pour s’assurer que le ballon sortait proprement. Son jeu long ultra-précis permettait d’atténuer le pressing adverse et de surprendre. Sa conservation de balle attirait plusieurs joueurs sur lui et libérait ses coéquipiers qu’il trouvait toujours vu son excellente vision de jeu.

Au milieu, il décidait de tout, quand accélérer, quand ralentir, quand jouer en retrait, quand éliminer les lignes balle au pied, quand jouer en profondeur, quand renverser, quand conserver. Totti savait exactement s’il fallait faire reculer l’adversaire ou profiter du pressing pour mieux générer de l’espace. Sa créativité y faisait des merveilles pour lui permettre de fluidifier la circulation du ballon avec un nombre de touches minimal. Quand il apportait le surnombre sur un coté, il provoquait toujours le décalage qui conduisait au centre en retrait. Bas sur le terrain ou avec une position plus avancée, Totti influait toujours sur le jeu avec une imagination débordante. Le danger venait de partout avec lui.

Voici la plus belle vidéo que j’ai vu sur le joueur, 15 minutes de magie et d’inventivité :

Francesco Totti ● Incredible vision and touch ● 1992-2014

« Il était une fois, Francesco Totti, serviteur… »

C’est ainsi que j’aurai commencé ma belle histoire. Fidèle et loyal envers les romains, sa dévotion se reflétait même sur le terrain en mettant ses qualités au service du collectif. Hier encore, à 40 ans, alors que se jouait son dernier match et que le monde entier attendait un but comme symbole pour s’unir et glorifier éternellement la légende, Totti a joué proche de ses défenseurs centraux pour permettre au ballon de sortir plus facilement. Il a ensuite rejoint le milieu pour créer, avec une précision folle, des opportunités pour ses coéquipiers. Il est allé ensuite à droite, et un peu à gauche lorsque le jeu l’exigeait, que l’espace s’y trouvait. On l’a retrouvé deux fois dans la surface adverse : sur le but de De Rossi et pour une occasion sur laquelle il sera finalement devancé. Plus présent dans la surface, il aurait surement eu plus d’opportunités pour marquer, mais en dehors de la surface pour les servir, ses coéquipiers avaient de meilleures possibilités.

Parce qu’il était le héros dont Rome avait besoin.

Je n’ai pas parlé des chefs d’œuvre que constituaient ses buts. Parce que je vais vous laisser profiter de l’excellente finition du joueur :

Francesco Totti • Goodbye • Best Goals Ever

Francesco a illuminé sa ville et le football avec pendant 25 ans. Son amour pour son club qu’il aura porté durant toute une carrière est presque absurde dans le monde du football de notre époque. Au-delà de sa longévité, c’est surtout son talent unique qui nous manquera. Il haussait le niveau de jeu de chacun, avait une influence dans toutes les phases de jeu, transcendait le collectif, répondait lors des grands rendez-vous particulièrement lors des derbys. Francesco ne pouvait jouer que pour Rome : l’histoire de cette ville est celle de sa carrière et son art les pieds de Totti.

Alors pour reprendre les mots de Marcelo Bielsa, je t’aimais même quand tu gagnais.

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